Afshin Mattabi est un artiste multidisciplinaire. Il possède un baccalauréat en beaux-arts de l'U.B.C., à Vancouver, une maîtrise en beaux-arts, de l'Université Concordia, à Montréal, et un baccalauréat en génie du Ryerson Polytechnic de Toronto. Il a présenté son travail partout au Canada, individuellement et dans des expositions collectives. Il enseigne présentement au Collège Vanier et à l'Université Concordia, à Montréal. Il explore des questions touchant au genre et à la sexualité, aux phénomènes interculturels et à l'humour. Il vit à Montréal.
Il travaille présentement à un projet multidisciplinaire portant sur les loisirs. Par la peinture et le dessin, l'image numérique, l'animation, la photographie et les interprétations, il crée un environnement où le monde des loisirs affronte le terrorisme et les désastres. Voici d'ailleurs un extrait de ses réflexions artistiques :
« C'était un matin serin et ensoleillé où la navette Columbia se préparait à atterrir de sa mission de dix jours en orbite. Au moment de sa rentrée, en moins de 30 secondes, elle a pris en feu et a explosé en mille morceaux. En brûlant, elle a traversé la moitié des États-Unis, disparaissant lentement dans l'horizon. Il semblait que cette masse de technologie, porteuse de toutes les aspirations humaines, dessinait d'une façon moqueuse une ligne blanche fugace dans notre ciel bleu, dispersant ses précieux fragments dans le grand et calme paysage américain toujours présent.
En buvant mon jus d'orange fraîchement pressé, j'ai tourné la page du catalogue des endroits de villégiature Sandals, car je planifiais mes prochaines vacances. C'était presque poétique : la technologie humaine qui s'affaissait à nouveau, les aspirations humaines souffrant une fois de plus un échec, des rêves brisés, le choc. En regardant cette scène à la télévision, j'ai ressenti de l'horreur, de la tristesse à cause du prix à payer pour satisfaire nos rêves. Il me semblait que j'aurais dû être habitué au sentiment de vulnérabilité et de peur qui accompagne le besoin de s'enfuir vers un endroit où il ne se passe rien. Je sais, nous avons tous développé une sensibilité, une immunité face aux désastres parmi tous nos loisirs. La même technologie qui nous fait accéder à un rythme endiablé peut être la cause de notre mort, et nous composons avec. Et c'est de cela qu'il s'agit, l'expérience du paradis dans la connaissance de l'enfer. C'est une attitude évolutionnaire en soi, une culture, une industrie... et j'y participe toujours... je l'utilise le plus souvent, de sorte que plus les médias et la publicité me montrent des désastres, plus mon désir pour les loisirs et le paradis ressort. »

